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Rencontre avec Gérald Paulmier

Parmi les soixante-quinze projets sélectionnés pour « Réinventer Paris » figure celui de l’hôtel particulier Haviland situé au 29 avenue de Villiers. Fondateur de la société GNC, Gérald Paulmier nous fait partager cette riche aventure et ses projets futurs…

 

Quel bilan dressez-vous de ce concours « Réinventer Paris » ?

Gérald Paulmier : C’est une expérience vraiment enrichissante qui permet de travailler sur des projets d’envergure différente. Nous avons pu aussi bien être promoteur de solutions mixtes et innovantes qu’être associé au sein d’équipes plus importantes notamment au travers d’un projet de trente mille mètre carrés aussi riche en terme de mixité d’usage que d’innovation.
À cette occasion, nous pouvions proposer de la colocation d’un nouveau genre notamment pour les séniors. Nous nous sommes impliqués pour un total de dix mille mètres carrés d’appartements en colocation sur six sites implantés sur des territoires très divers : un hôtel particulier ou une friche industrielle, des anciens Bains Douches. Nous avons été force de proposition pour rendre le projet attractif dans sa dimension de mixité d’usage. L’enjeu est de rendre le projet attractif pour les occupants, pour le quartier, pour les parisiens, pour la ville de Paris.

 

L’un de vos projets vient d’être pré-sélectionné pour « Réinventer Paris ». Pourriez-vous nous en dire davantage ?

G.P. : Le projet de l’hôtel particulier du 29 avenue de Villiers nous amène à respecter l’histoire et l’architecture du site. Nous travaillons dans une optique de mise en valeur du patrimoine. Cet immeuble a été construit pour une famille immigrée américaine, les Haviland qui a participé au développement d’industrie de la porcelaine en France et à son rayonnement à l’international. Comme bon nombre d’industriels, cette famille a souhaité acquérir un hôtel particulier à Paris pour des raisons de notoriété et de visibilité.
À l’époque, l’objet principal de ce type de bien était de recevoir les amis et la bourgeoisie. On s’est donc inscrit dans un projet atypique en proposant non seulement de la colocation mais aussi une activité plus ouverte sur le quartier en créant des événements qui amèneront un public large à découvrir ce patrimoine architectural de la ville de Paris.

29 avenue de villiers

 

Comment avez-vous défini les projets présentés pour  «Réinventer Paris » ?

G.P. : Chaque projet se réfléchit par rapport à son contexte et sa situation ( le terrain, le quartier à valoriser…). Notre credo est de proposer des logements principalement aux jeunes actifs dans un environnement riche où ils puissent travailler dans un rayon de trente minutes à pied. Nécessairement, on doit s’adapter aux spécificités du quartier et proposer un projet qui s’intégrera à la vie de quartier.

 

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer pendant ce concours ?

G.P. : La première difficulté est de réinventer un projet. La seconde est de constituer une nouvelle équipe qui peut nous aider à aller au-delà d’un projet habituel. Ce qui génère une part de risque et d’inconnu. Dans le cadre du projet des Bains Douches au sud de Montparnasse, nous avons dû solliciter un promoteur de ma connaissance. Initialement, il semblait intéressé par le projet.
Trois semaines avant le dépôt des offres, ce promoteur s’est retiré. Donc, le projet en a été pénalisé puisque nous n’avons pas pu présenter une offre avec le support financier et l’expérience d’un promoteur.

 

Qu’en est-il de la notoriété ?

G.P. : En septembre 2014, j’ai pris connaissance du concours « Réinventer Paris » puis j’ai suivi les premières réunions d’informations fin octobre. Au salon de l’immobilier d’entreprise le SIMI, j’ai pu présenter notre offre et rencontrer des professionnels. À cette occasion, j’ai pris contact avec des promoteurs nationaux, dont deux références nationales avec lesquelles nous nous sommes associés.

 

Parmi les autres projets pré-sélectionnés, auriez-vous un favori ?

G.P. : En fait, on ne connait pas les projets concurrents. Jusqu’à présent les équipes ont très peu communiqué sur leur projet. Dans le cadre de réunions privées, j’ai vu quelques projets.
Les projets de colocation se sont manifestés mais seulement deux offres à ma connaissance ont été retenues : notre projet de l’hôtel avenue de Villiers et l’autre offre qui se situe au Triangle Eole-Evangile.

 

Plus généralement, que retenez-vous des résultats de « Réinventez Paris » ? 

G.P. : Le grand gagnant de ce concours parmi les acteurs dits institutionnels est BNP Paribas Immobilier; ils sont sur les quatre plus gros sites de « Réinventer Paris ». La Compagnie de Phalsbourg associée à OGIC et le Groupe Pichet, acteurs régionnaux importants, font leur percée sur des sites avec des enjeux significatifs. Et des trublions de l’immobilier à Paris, acteurs agiles et créatifs, se révèlent un peu plus à l’instar de Novaxia, Redman et REI France.

 

Quelle suite pour « Réinventer Paris » ? 

G.P. : Tout d’abord, nous allons nous concentrer sur notre projet de l’Hôtel particulier Haviland. Je suis aussi impliqué dans deux autres projets au titre de conseil en immobilier pour un promoteur et pour un exploitant de résidence de tourisme urbaine. J’espère d’autres bonnes surprises. « Stay tuned » comme disent les Anglais. 

 

Quels sont les projets imminents pour GNC ?

G.P. : Crée en octobre 2014, notre société demeure relativement récente. Même si l’équipe cumule bien des années d’expérience, l’entité juridique est récente. Le cycle immobilier peut être long. Nous avons un premier projet en livraison à La Rochelle. Ce projet est réalisé pour le compte d’un investisseur privé. Situé près du Vieux-Port, en secteur sauvegardé, dans un des quartiers les plus intéressants de la ville, cet immeuble mixte comprend un commerce au rez-de-chaussée et deux étages de logement. Nous avons transformé les étages en duplex pour la colocation. Nous avons « sourcé » l’immeuble et intervenons en assistance à la maîtrise d’ouvrage pour rénovation lourde et obtenir une première colocation Nomade® à La Rochelle. Aujourd’hui, on s’attèle à le meubler et préparer son inauguration prévue pour le début de septembre. Nous y inviterons des partenaires locaux et des intervenants dans le domaine immobilier. Nous contactons aussi les grands employeurs de La Rochelle pour loger leurs jeunes recrues et les employés en mobilité. Nous sommes en négociation très avancée pour deux autres projets à La Rochelle, toujours en secteur sauvegardé.
Notre objectif est de proposer des logements pour les jeunes actifs tout en aidant les grandes sociétés à recruter dans des zones où l’immobilier est cher.

 

Propos recueillis par Emmanuelle Libert